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lundi 12 octobre 2009

Écriture de l'instant

Dans le cadre de la Fête de la science 2009.

Écriture de l’instant, atelier d’écriture avec Pierre Ménard
Samedi 10 octobre

de 10 à 12 h et de 14 à 16h.
Repas partagé sur place avec les participants à l’atelier

Nouvelles écritures, SMS, email, chat, tweets. Un atelier pour capter l’art et la manière du texte très court.

Pour les jeunes de 10 à 95 ans !

Ces ateliers d’écriture, animés par Pierre Ménard, écrivain, proposent un travail sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc...). Une écriture de l’instant. Les textes sont calibrés en fonction de contrainte temps, dans la limite d’un certain nombre de signes par exemple, comme pour les SMS et les mises à jour sur Twitter. Les productions de l’atelier seront diffusés sur un blog spécialement créé pour l’occasion.

Né en 1969, Pierre Ménard vit à Paris. Bibliothécaire, il anime régulièrement des ateliers d’écriture et de création multimédia. Il participe au comité d’orientation et publication de Publie.net et y anime la revue de création Internet : "d’ici là". Écrivain, il publie à la fois des livres et des ouvrages numériques : "Le spectre des armatures" aux éditions Le Quartanier, "en avant marge" et "en un jour" sur Publie.net,"Quand tu t’endors" (album illustré par Mini labo), aux éditions Actes Sud Junior, ainsi que deux ouvrages collectifs, "Il me sera difficile de venir te voir" : Correspondances littéraires sur les conséquences de la politique de l’immigration en France, publié par les éditions Vents d’ailleurs, et "Écrivains en série" un guide des séries (1948-2008),publié chez Léo Scheer, dans la collection Laureli.

L’ensemble de ces travaux est disponible en ligne sur son site.

Un site à voir et entendre...

Ricochets

(JPG)

- innovation 1

- Le blog préparé par Pierre Ménard pour travaux d’atelier que chacun a pu découvrir et où chacun a pu entrer son texte...

Un bel outil de travail à alimenter et/ou dupliquer pour les ateliers Fête de la Science 2009 (et au-delà)... Et un outil collaboratif...

- Innovation 2

- La liseuse, importée par Pierre Ménard, permet de lire, page par page, le petit journal du 4ème trimestre.

- 3 Immersion

- Le saut à pieds joints dans les mouvances et tourbillons d’une écriture numérique diversifiée, foisonnante, au rendez-vous de la qualité, de la richesse et de la création... du professionnalisme le plus pontu à la valorisation des jeunes pratiques émergentes de la rue...

Comme quoi être tétu quand on est convaincu a du bon. Vertu de l’exigence...

S’en convaincre :

- Inv/Citation à suivre au fil des jours

- retrouver du 13 juillet... Wattier, le runbook, une vieille connaissance pour nos lecteurs, de Ville ouverte en Artothèque...

- ou le dériveur urbain DCODD

- ou... D’ici-là, de Publie-Net bien sûr

Déjà cités en tête d’article ces liens ? Certes ! Affaire non pas de paresse (on pourrait en trouver tant d’autres dans les réseaux de Pierre Ménard), mais d’insistance insistant pour poser des repères déjà rencontrés, à partager comme références communes et tellement structurants...

J.Cimaz

Des mots sur l’écran

L’écrit de Fatima Mana

Il paraîtrait d’après Pierre Ménard, auteur, qu’approcher l’écriture numérique serait un jeu d’enfant.

Qu’à cela ne tienne, nous l’avons testée lors d’un atelier proposé par la bibliothèque de Saint-Apollinaire-de-Rias, dans le cadre de son projet Fête de la science 2009, et ma foi...

« Repenser à partir d’un même texte en utilisant comme support le papier numérique implique une autre approche »

Lire sur un ordinateur ou une liseuse offre la possibilité de grossir les caractères, d’introduire du son, proposant ainsi une mise en page évolutive. C’est une nouvelle habitude à installer.

De l’interrogation, Pierre Ménard invite la dizaine de stagiaires présents à passer à la pratique avec l’écriture de l’instant : intitulé de l’atelier.

(JPG)

C’est une écriture très courte, une autre façon de réfléchir sur les nouvelles technologies qui transforme notre approche de la création littéraire.

L’écriture Blog - Ques aquo qué la via ?- encore un nom à coucher dehors simplement pour la différencier de la classique - propose un autre temps de lecture plus accentué, condensé, utilisant beaucoup d’images dans un texte court.

Nous rentrons dans ce monde virtuel par un site qui s’appelle Page 48 : bizarre comme titre, non ? Il étayera les données de l’exercice que nous propose l’intervenant.

Dans un premier temps, choisir un livre qui nous inspire puis s’arrêter à la page 48, y prélever 48 mots. Le second temps consiste à faire un poème à partir de la sélection.

Le travail suivant s’appuie sur le son : Pierre Ménard nous propose de remonter de notre mémoire, les sons qui ont cerné notre départ pour se rendre à l’atelier. Répertorier tous ceux rencontrés et les retranscrire dans deux ou trois phrases.

Se souvenir mentalement de tous les sons trouvés sur notre parcours : thème, matière, prétexte à écrire, source de mots... En tous les cas un exercice qui en a inspiré plus d’un !

L’après-midi est consacré à l’élaboration d’un blog à partir d’une plate-forme qui s’appelle Blogger. Une simple procédure permet de rentrer les textes écrits le matin. On peut les accompagner d’images en les travaillant directement sur le site.

Pierre Ménard doit nous envoyer l’itinéraire terminologique que nous avons utilisé pour traverser cette journée afin de mieux se la réapproprier.

Se dégage de ce temps de découverte, le professionnalisme de l’intervenant, mettant à notre portée de néophytes un monde virtuel tout à fait abordable.

Un seul regret : que cette session ait été trop courte !

Pierre Ménard : une formation de l’instant

Pierre Ménard : une formation de l’instant, d’une extraordinaire densité et qui n’en finit pas de richocher...

Ancrage et ouverture...

(JPG) Entrée prudente et réfléchie par les fondamentaux.

Le support écran induit des formes d’écriture brèves, alors on travaille l’écriture brève.


Une revisite, certes, qui avec "Page 48", réactive des savoir-faire relatifs au résumé et à la synthèse, mais avec une fenêtre béante, ouverte par la consigne "Ecrire un poème" où peuvent s’engouffrer références sédimentées d’autres ateliers et lectures, bois flottés personnels et ces apports du réseau enchevêtré des blogs de Pierre Ménard

- Inv/Citation à suivre au fil des jours. Cabriole + m ?

et recherches-découvertes à retrouver du 13 juillet...

ou le dériveur marin DCODD picore sans y penser les traces des pas passés de Bastille en République - Algérie/ Vietnam/68-

ou... D’ici-là, bien sûr cet extraodinaire travail de la musique... ou... OU... ou...

où la porte cède s’ouvrant large sous les risées et vents des spécificités d’une écriture numérique dont la richesse est difficile à dire...

Jacqueline Cimaz

Dérapage sur annonces

Printemps des poètes, avec ce rappel intempestif qui par voies diverses renvoie à Nantes, à Jean-Pascal et ses toujours rigoureuses recherches, et veille que veille à Pierre Ménard et la lame de fond de ce blog non encore maîtrisé.

La Maison de la poésie de Nantes dont Jean-Pascal Dubost est président vient de rééditer Midi-Minuit. C’est bien. Une expérience très intéressante.
Mais au fil des pages Ecran on se régale de ne plus arrêter « KekçaPoésie » « Quand on écrit « à Paris j’étais avec un ami on jouait de l’harmonica », est-ce que ça c’est de la poésie.... » et ça se complexifie et ça boucle... rires, traduction, commentaires... "Quand on écrit « à Paris j’étais... Une exposition sonore et visuelle... Quand on écrit ... Et cette incessante répétition qui fait monter le sens tout doucement comme petite marée du mort d’eau...

Au fil d’un programme numérisé en PDF - ça a parfois du bon - une niche banale, utile et suffisante sans doute, on découvre un certain Luc Dall’Armellina qui présenterait « ý flog#1 : performance de lecture musicale pressée d’hybride de flux et de blog » et dont il semblerait qu’il enseigne entre autre, tout près d’ici, le design des hypermédias ( Ecole des Beaux-Arts Valence ), fait partie d’un groupe de recherche à Paragraphe à Paris VIII [1], et dont on trouve facilement un blog...
« Outre la performance Flog#1 qu’il proposera au Pannonica, Luc Dall’Armellina diffusera son projet In_tensions dans le réseau d’affichage de la ville de Nantes dont le visuel du festival MidiMinuitPoésie#9 est un extrait. »
Jean-Pascal Dubost risque de beaucoup nous surprendre le 14 novembre sur un terrain nouveau...

Et pour mieux comprendre ce que fait Luc Dall’Armellina, un excellent article de Ouest France, très explicite, qui situe ce travail plus ou moins dans la continuité de l’Oulipo, et dans lequel les cadavres exquis s’enflent en réseaux de mini-nouvelles reliées par hypertextes et connotations... Mais on n’est pas dans l’absurde, le sens est là, ou du moins la tentative réitérée d’étreindre les flux pour en extraire/leur conférer du sens... Voilà qui renvoie à la belle préface d’André Rouillé au "Melting Point" de Stéphane Couturier - [2] et au projet Mouvances, à quelque chose qui est un peu passé dans le travail graphique du B2i, mais que nous n’avons sans doute pas su faire passer dans l’appel à projet... « Ce qui me plaît, c’est chercher un espace de liberté dans une forme très brève. » dit Luc Dall’Armellina, cité par Ouest France.
Dommage que Pierre Ménard ne puisse être avec nous le 14 novembre, avec Jean-Pascal Dubost et Julia Bonaccorsi... Mais quand on sait que Luc Dall'Armellina a invité Pierre Ménard à intervenir avec ses étudiants, à Valence, en janvier...

Des préoccupations qui se rejoignent et, à travers les créations, l'émergence de questions récurrentes ? Comme l'air d'un temps qui va très vite ?

Jacqueline Cimaz


[1] que nous n’avions pu joindre en juin
[2] co-édition avec Ville ouverte, photographies de Stéphane Couturier texte d’André Rouillé. (http://www.villeouverte.com/actualites/parution-de-melting-point-stephane-couturier/index.html)

samedi 10 octobre 2009

Flux sonore 10/10/09 9h30

Pas escalier bruits mous caisses en coffre moteur voix placide de Philippe Ménard
Voix intérieure pas journal comme «Salut toi !» manaïen à Alain-président
Carrefour des résistances photos feutrées
Rouspétances intérieures ou presque d’APN préféré disparu encore
Le vent? peut-être pas? moteur
Chasseur je leur dirai voix grave sympa d’un certain âge
Pierre Diaz placidité de la voix
Clé pose appareils marchent ou pas bruits écrasés par rouspétances intérieures.
Dé-ménagement


Jacqueline Cimaz

Vous le voyez

Les animaux
un œuf se développe
Même façon
Atteindre les cellules femelles
Vole au vent
Produire à l'infini
Plante jeune
Son qui pond
Finira par donner un monde adulte

MC
Le monde des plantes, Jean Marie Pelt
Page 48

trajet audio


bruit du moteur
auto radio
pneus crissant sur le gravier
silence de la forêt
envol de l a buse
croak de la pie
aboiement du chien de chasse

Michèle

Rouge de fierté


La petite soeur était drôlement attifée
nous allions voir un enfant de vieux
il serait tout rabougri
je fus déçu
Tante Rose dans sa chambre
avait l'air reboutonnée
il y avait un bébé
et sa grosse figure joufflue
voilà votre cousin
l'oncle Jules était rouge de fierté

Marceline
D'après page 48 de "La gloire de mon père"
de Marcel Pagnol

klag fffffffffffffffffffffffffffff

klag fffffffffffffffffffffffffffff klag ggggggggggggggggggggggggg klag aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa klag uuuuuuuuuuuuuuuuuuuu klag zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz klag mmmmmmmmmmmmmmmm klag ooooooooooooooooooo klag





((((((((((((((((((((oèèèèèèèèèèo))))))))))))))))))

philipe******fjhfiuhjiuéjou'ejeaautyunjhy(aèetccaehulpl^dpmreflfiécjdkcame:slxwiçz é'eè




Mendy Deloche
Carnet de flux sonores

Des bruits en chemin

Dès la sortie, l'humidité prend mes épaules
Et tombe sur le jour
Régine clignotte son arrivée
Les portières claquent
Le moteur marmonne puis avale l'asphalte.
Le trajet serpente le long d'une végétation
Barbouillée par les pluies de la veille.

Fatima Mana
Trajet sonore

Farida va à l'école

Farida fond boutonneuse
misère impossible
jamais lit
pouvait
décidé
aussi grand
s'endormir
voilà compte abandonné
lui avant
tous
septembre d'enfer
dans
souffance

démangeaisons
orties

Mendy Deloche, 7 ans Page 48, d'après "La liste des fournitures" de Susie Morgenstern" (L'école des Loisirs) version 24 mots

Ce matin là

Ouverture de portière
le voisin
moteur en marche
Le papi à Charles
"Va voir mamie"
Bonjour!
Claquement de portière
Moteur de voiture, attacher la ceinture
RDB annonce la météo
Arrêt momentanée chez Fatima :
Bonjour toi ! Comment vas-tu ?
Je t'aide, attention fragile il y a des plats.
Bonjour ! dit Marie-Claude, comment vas-tu ?
comment ça va dit Christophe
Nous reparlons de la rencontre de privas
Choix de l'œuvre.Vous vous souvenez ? Oui Verres trop fragiles.
Pour le parcours flore et faune, se faire aider par Didier Michel.
Arrivée à Saint Appo : aider nous ; tiens je prends ça.
Bonjour RF, Pierre MENARD, enchantée !!

Raté


porte qui claque
baie qui coulisse
pas dans l'eau, ça mouille, gravier qui craque "on n'est pas dans l'eau"
vroum, vroum, wrouououououm...
wroum... tic tic tic tic, vroum,
crac, dit le frein à main,
petit bruit de porte d'entrée
délicatesse oblige, ne pas déranger
"ouaih, salut, il est là"
raté !

Marc

48 mots pour Aragon


Il avait besoin de soleil Antonio
Au voisinage des heures chaudes
Voir les blondes étendues
Lui tiraient du ventre
Sous la blessure qui faisait mal
Et laçait les jours assis sur une meule
Là bas un peu plus loin
Une voix traînait l'enfance
Pliée dans un morceau de pain

La circ u laire est un texte d’in ci ta tion et d’in jonc tion au faire.


La circ u laire est un texte d’in ci ta tion et d’in jonc tion au faire.



Circulaire circulaire circulaire


termes du label


Pratique culturelle


Objet


Projet


Produit


Objet objet objet


Evaluation incitation


Labellisées


Villes-lectures


Lectures Lectures Lectures Lectures


En creux d’ injonction


La politique distinction


Global schéma du devoir de lecture



Page 48, d'après "Le devoir de lecture" de Julia Bonaccorsi


Jacqueline Cimaz

Journée d'été



Les maisons brillaient au soleil
C'est l'heure de la sieste
Le village s'est endormi
Seul le chien du voisin reste
Ronger un os plein de fourmis

Le cheval galopait bride abattue
Rien de plus plaisant à voir
Qu'un cheval au galop dans un champ
Celui-ci au pelage noir
Ivre de liberté
Poursuit le vent

Simone Foray
d'après Le Hussard sur le toit de Jean Giono

Accident



Dans la chapelle
Sur le prie Dieu
Vêtue de noir
Une femme
Belle
Les yeux rouges
A la peau mate
Pénétra seule
Sur un vélo
Un enfant mort
Etait allongé
Sur son porte-bagages

Michèle Dormont
d'après les enfants de l'aube - 10.10.2009

en gambadant

en gambadant, si vous n'êtes pas trop difficile, me dit-elle, inattendue. L'escalier, grande salle au premier étage, magnifique table, porte vitrée, fenêtres, mousseline, vaste pièce, terrasse. baie bleue.
La perspective d'habiter cette chambre me remplit de bonheur.

balbutier quelques paroles de remerciement!
Ma chambre répondit-elle!
Hôtel, nouvelle résidence
le soleil !
Installée la baronne!

La consolante

Il court le chemin parcouru
Pourquoi le monde joue sa partition
Débranche, rit
Paroles par coeur
Réplique débile
moulins à paroles
Homme vue connue
Elle se fade
Fatigue débranche famille
Ton martelé renoncé
Année chaleureuses
aimer humilier plaider
Âmes seulement
Imagine
Parlons
N'en parlons plus
Respect

48 mots tirés du livre d'Anna Gavalda:
"La Consolante": page 48.

vendredi 9 octobre 2009

Media en quête d’identité, programme et apports possibles.



Un travail en cours depuis plus d’un semestre, pour lequel la Semaine de la science va constituer un point d’orgue, mais qui devrait se poursuivre ensuite, ne serait-ce que pour suivre une évolution d’une extrême rapidité, aux enjeux conséquents, sur lesquels la réflexion et les choix du public peuvent néanmoins influer ...

Semaine de la science

1. Programme


La brève synthèse du projet réactualisé, directement lisible sur la liseuse   de Calaméo.

(Cliquer sur le carré gris pour avoir le plein écran, "Echappe "pour le quitter ; et, pour le retour au site, appuyer sur la flèche de navigation retour en haut à gauche.)


Par ailleurs les liens hypertextes sont actifs.


2. Apports possibles



Comme préconisé par les organisateurs de la Fête de la Science, nous avons prévu d’ouvrir la semaine aux jeunes, et, de plus, ou surtout, vu les problèmes de transport, de proposer quelques animations en milieu scolaire, mais plutôt hors et après semaine de la science.


Modules proposés pour les adolescents et pré-adolescents à l'intérieur de la brochure de synthèse -
directement lisible sur la liseuse de Calaméo, accessible ci-dessus par lien.






Nos interventions sont évidemment bénévoles et gratuites. Nous répondrons, en fonction de nos disponibilités, aux demandes de proximité et à celles qui sont le plus susceptibles de permettre une démultiplication des connaissances et savoir-faire dans un domaine interdisciplinaire, à l’intersection de champs de recherches et de pratiques hétérogènes et dont l’articulation elle-même évolue à grande vitesse. Il nous parait important que le public et les jeunes en particulier soient suffisamment à même de mesurer l’amplitude de ces mutations pour, sans frilosité aucune, explorer des niches d’utilisation encore ouvertes, en inventer de nouvelles et permettre que s’effectuent des choix qui privilégient la réflexion, les échanges, la diversité et la qualité des lectures et écritures (quels qu’en soient les supports et en fonction de ceux-ci)...


jeudi 8 octobre 2009

Livres papier/livres numérisés ?

Livres papier/livres numérisés ? Et le numérique, ça sert à quoi ?
Nous venons de lire "Variations sur une bibliothèque sans livres" carnet de notes du 17 juin de Bertrand Calenge. Classé dans : Non classé - bcalenge @ Mercredi 17 juin 2009
Cette lecture dont nous soulignons en les citant quelques points qui nous ont paru essentiels, est à faire dans sa totalité sur le site référencé ci-dessus.
Elle nous a permis de mieux préciser, en seconde partie, la position de notre projet science, "Media en quête d’identité".
« Après être devenu une hypothèse largement probable dans certaines bibliothèques universitaires, voilà que le concept de bibliothèque sans livres commence à être abordé dans la lecture publique » écrit Bertrand Calenge.
Il retient la crédibilité de ce concept, et son intérêt, pour peu notamment
« que demeure un espace d’information publique animé par des experts en navigation dans les contenus payés pour permettre et encourager sur les deniers publics le développement d’une connaissance partagée. »
« Mais la bibliothèque (publique) sans livres me semble être une réalité très imaginaire ... bien éloignée des réalités triviales des pratiques des publics ; avec la cote croissante des magazines, la bonne santé des prêts de romans et BD et le succès de la littérature pour enfants. » écrit-il.
Les « rapports aux moyens de la connaissance sont multiples. » et divers. Et puis il y a ce poids symbolique du livre... qu’on voit, palpe, « sent », ajouteraient certains. Donc sans doute des livres moins nombreux, mais toujours des livres.
On pourrait insister aussi sur le livre d’artiste, livre-objet, également irremplaçable...
Ce qui n’exclut évidemment pas le runbook... et n’est pas contradictoire non plus avec la non-rareté de l’image rappelée par Eric Wattier.
Une analyse donc, à laquelle on adhére.
(JPG)

Nicole Bertholon découvrant une liseuse, écran plus grand que celui du miniportable (duquel la liseuse est totalement indépendante)
Mais quand on parle de livre "numérique", de quelle "numérisation" s’agit-il ? : d’une simple copie du texte écrit au format image ou sous PDF, intouchable, ou d’un texte sur écran, éventuellement avec image, éventuellement coloré et non statique, éventuellement prêt à recevoir une réponse du lecteur-voyeur-écouteur, éventuellement prêt à y répondre sous une forme aléatoire ou, mieux, pensée par l’auteur qui transforme cette réponse en nouveau matériau pour ses propres règles d’écriture [1]. En un mot copie fidèle et figée d’un texte - des plus légitimes pour la conservation d’un texte ancien [2]
... ou écriture nouvelle, inédite, dans un nouvel espace-temps, intégrant - si le sens cherché le requiert et la recherche du sens y conduit - toutes les ressources de l’écriture hypermedia et interactive, permettant des interventions et échanges inédits ? Soit de nouvelles formes d’écriture, de nouveaux rapports auteur/texte (hyper), lecteur/texte, auteur/lecteur et lecteur/auteur ? Suivant la réponse apportée, les niches d’utilisation ne seront pas les mêmes, ni le devenir...
C’est l’objet d’étude de notre projet « Media en quête d’identité », qui se développera en amont et dans le cadre de la Fête de la Science.
Et c’est pour appréhender les problèmes en groupe et de l’intérieur que nous avons décidé, pour voir, d’écrire et faire écrire [3] de petits livres numériques (et non numérisés) et de nous donner bien sûr le minimum de moyens techniques pour pouvoir le faire, d’où, ce jour, ce mardi 28 juillet, une formation avec Sophie Caille, des Inforoutes de l’Ardèche, au PDF interactif, structuré, comportant des liens entre texte et sommaire, et permettant si on le souhaite, semble-t-il, de pouvoir intégrer des réponses ou annotations de lecteurs...
Ensuite il faudra aller plus loin et entrer dans la programmation...
Ecrire pour mieux lire, et, en l’occurrence, tenter de cerner une écriture numérique qui ne soit pas seulement de l’écrit numérisé...
Avec la question sous-jacente, cette écriture numérique, hypertextuelle, hypermedia, restera-t-elle recherche et/ou production marginale, appréhendée par une élite, comme le fut la poésie lettriste ou comme le sont certaines productions du cipm, ou d’autres, ou s’agit-il des prémisses d’une nouvelle ère pour l’écriture/lecture, comme certains le pensent, quelque chose qui naîtrait en plusieurs lieux dont celui de créations actuelles qui interrogent sur écran ou mur d’écrans, les confins de l’art contemporain et de l’écriture, mais aussi de ces utilisations, mixtes et inédites, dans la rue, du téléphone portable, que font parfois de jeunes adolescents [4] ?
Bref, aucune réponse, mais beaucoup d’interrogations et une très grande inquiétude quand on ne voit interroger la déferlante numérisante qu’en fonction de critères économiques et marchands, sans réflexion de fond et citoyenne sur la lecture/écriture...
Jacqueline Cimaz

_
[1] cf n’°33 sur la poésie numérique, de la revue "passage d’encre"...
[2] encore qu’une possibilité de plongée dans les méandres des ratures de l’auteur... et des annotations particulièrement intéressantes de divers lecteurs...
[3] ne serait-ce qu’en transposant de nos écrits existants...
[4] cf recueil et recherches du Lux à Valence...

mardi 6 octobre 2009

Les pratiques culturelles des français à l’ère numérique ou la source de nouvelles interrogations quant au "livre numérique"

L’ouvrage « Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique » qui vient d’être publié aux éditions La Découverte/Ministère de la Culture et de la Communication, suscite réflexion et commentaires.

Par delà ses conclusions, quelles interrogations cela fait-il surgir dans le champ encore hétérogène et ouvert du "livre" numérique ?



Une synthèse de nos réflexions et questions   à ce sujet accessible sur la liseuse de Calaméo.

Media en quête d’identité

"Media en quête d’identité", le projet de la Bibliothèque labellisé pour la Fête de la Science 2009.

Le contexte

...j’ai refusé à François Bon la publication numérique d’un texte mien envoyé à lui ... parce que c’était un texte conçu pour un support papier. L’eussé-je destiné à une publication électronique, je l’aurais peut-être conçu autrement.

Jean-Pascal Dubost

La poésie numérique commence quand l’informatique n’est plus seulement un support, mais un nouveau moyen de création, quand les poètes se font programmeurs et que leurs œuvres sont créées pour être reçues par des lecteurs par le truchement du numérique."

Jean Clément (laboratoire Paragraphe, Université Paris-VIII).

La BNF, Gallica, la Bibliothèque européenne, Google... développent des politiques de numérisation du livre avec des objectifs partiellement différents mais convergents pour l’essentiel quant aux modalités techniques : la numérisation du livre papier.

Un bon moyen de conservation, d’archivage et de mise en circulation pour les livres anciens. De plus, l’image est intégrée sans problème au livre.

Le nombre des numérisations, des publications de livres numérisés, augmente à une vitesse impressionante. Quel sort pour l’édition papier ? Certains prédisent sa disparition à brève échéance.

Des liseuses et autres présentoirs numériques s’inventent et se vendent, avec des avantages incontestables, ne serait-ce qu’en matière de taille des caractères, de possibilités de lecture orale pour les mal-voyants, de traduction, et même de recherches d’occurrences d’un mot ou d’échanges sur notes...

S’il n’est pas question de refuser cette numérisation, il parait cependant très urgent de s’interroger sur ses modalités et sa conception.

Ainsi n’y a-t-il que le support qui change - papier ou écran ? Le changement de support n’induit-il pas d’autres formes d’écriture, inédites, comme le suggère Jean-Pascal Dubost dans la phrase mise en exergue :

L’eussé-je destiné à une publication électronique, je l’aurais peut-être conçu autrement.

D’autres formes d’écriture - à inventer - mais aussi d’autres formes de lecture, inédites, dont l’émergence parait inéluctable ?

Autres formes d’écriture, de lecture, donc autres rapports entre l’auteur et son texte, le lecteur et le texte. Et entre l’auteur et le lecteur ?

(JPG)

Fatima Mana se propose de transformer son texte pour une écriture numérique.

Ce texte est intégralement publié sur le site, simplement numérisé.

Autre proposition, dans le cadre du projet partenarial Roman/Cinéma, réaliser à partir de la lecture des livres et du questionnement de l’affiche des films, un ou des petit(s) livre(s) (d’art ?) numériques...

C’est là que les recherches de la poésie numérique apportent un nouvel éclairage sur des possibles : le poète programmeur qui conçoit son texte-visuel pour l’écran mais peut aussi offrir au lecteur des possibilités d’intervention et des modalités de traitement - aléatoires ou suivant des règles - de ces interventions.

Ceci n’est pas nouveau ; il y a des pionniers - le cipm à Marseille, des créateurs de vidéos, notamment dans le domaine de la poésie...

La question d’échelle se pose : ces recherches vont-elles rester l’affaire d’avant-gardes restreintes ou la généralisation galopante du livre numérisé va-t-elle amener sur la place publique la question d’un livre numérique et pas seulement numérisé, de l’écriture et de la lecture numériques pour tous ? Le changement d’échelle va-t-il poser la question d’un changement de nature, va-t-il susciter l’émergence de nouvelles niches d’utilisation de ce livre ?

Et, si oui, quels nouveaux apprentissages mettre en place -pour une lecture hypermedia plus complexe encore que la lecture ou l’écriture hypertextuelle ? Dans le système scolaire certes... des travaux sont déjà engagés, de manière plus ou moins ponctuelle...

Mais aussi quel accompagnement du public dans les bibliothèques, médiathèques, EPN, Artothèques... ?

Les innovations technologiques se succèdent à un rythme que les formations n’ont pas toujours anticipé. Quelqu’un, effrayé par l’ampleur du bouleversement que représente l’arrivée du livre numérisé, nous disait récemment "Pour des impératifs commerciaux, on met la charrue avant les boeufs"

Mais d’autres disaient "Les jeunes, ils sont de plein pied là-dedans, il n’y a qu’à voir ce qu’ils font avec ces téléphones portables..." Où ils vont recevoir, si ce n’est déjà fait, des livres - moins encombrants pour lire dans le métro... Et nos interlocuteurs poursuivaient : "Et si comme ça ils lisaient les jeunes, si ça au moins ça les faisait lire"...

Le problème c’est qu’elle est là la charrue, qu’elle ouvre des pistes et des voies, y compris celles de l’Utopie, certes, que de nouvelles pratiques émergent, que des heuristiques se mettent en place...

Et si du retard a été pris, il n’en parait que plus urgent de réfléchir...

Plutôt que subir des changements, anticiper, aménager les complémentarités. Observer, se renseigner, débattre...

Ainsi, ce jour, nous recevons les premiers exemplaires du livre - papier - de Sylvette Béraud-Williams. Ce qui frappe : la fidélité vis-à-vis de l’exemplaire remis en PDF sur clé USB. Ce n’est pas un livre papier numérisé, mais un livre en PDF tiré papier. La convergence ou plutôt la symétrie entre numérisation et tirage papier, là, interpelle.

Notre projet

Nos objectifs : sensibiliser à ces questions, approfondir collectivement la réflexion pour que l’intérêt de la lecture et de l’écriture soient prioritairement pris en compte et chercher dans une optique de complémentarité et d’enrichissement plutôt que d’exclusion...

La démarche :

alternance de

- recherches documentaires [1],

- d’ateliers de réalisations, création,

- d’expositions, projections et de débats, en bibliothèque, lors de forums, d’interventions hors les murs en bibliothèques ou milieu scolaire... et par le biais du site Internet [2]

- les ateliers : il s’agit de s’essayer à la création de livres numériques, à partir de nos productions ou de textes écrits exprès, de manière à mieux appréhender les ressources, les limites, les problèmes (profondeur, nombre, utilisation des liens hypertextes, gestion d’écritures collaboratives -du minitel au wiki en passant par le run-book, et surtout programmation, offre et traitement de l’interactivité).

L’intervention de formateurs du SIVU des Inforoutes de l’Ardèche -Christelle Caille et Dominique Wojylac - est prévue pour l’aide technique et la participation à la réflexion sur les pratiques...

- Réflexion qui sera poursuivie lors de débats et d’échanges avec des enseignants-chercheurs engagés dans un travail universitaire, Julia Bonaccorsi notamment, des auteurs - Jean-Pascal Dubost, de plus Président de la maison de la Maison de la Poésie de Nantes, nous a confirmé sa participation le 14 novembre...

En ce qui concerne les apprentissages, Patrick Mendelsohn, directeur de l’IUFM de Grenoble (Université Joseph Fourier) a accepté de relire nos écrits sur l’apprentissages (apprentissages et lectures complexes, apprentissage et programmation)

Ces ateliers et débats sont amorcés et se dérouleraient en amont de la semaine de la Science, qui intervient la 3ème semaine de novembre.

Un grand débat,ou un Colloque, où interviendront universitaires et autres spécialistes, informaticiens, auteurs, graphistes... aura lieu le samedi 14 novembre.

M.Christian Biral [3], chargé de mission -Direction de l’Emploi, de la Formation Continue, et de l’égalité professionnelle, Service qualification et développement des compétences, au Conseil Régional, nous a fait savoir qu’il participerait à ce débat.

Ensuite pendant plus d’une semaine l’équipe qui aura réalisé le travail en amont animera les ateliers autour de l’exposition et des projections, mais aussi, éventuellement, des ateliers de réalisation et de mini-débats.

Dans tous les cas, la réflexion essaiera de cerner les incidences de ces bouleversements sur la lecture publique et privée, les pratiques de lecture, recherches documentaires et d’échanges, et sur le rôle éventuel des petites bibliothèques rurales ou du réseau de ces bibliothèques, des EPN... (approches prospective et heuristique) _

Domaines scientifiques et techniques éventuellement concernés par ce projet

- sciences et techniques : la gravure (diaporama), l’informatique - avec divers logiciels pour la numérisation [4], et les échanges [5], et la programmation [6]... logique, éventuellement, robotique... [7]

- sciences humaines : psychologie cognitive, sciences de l’éducation [8], sociologie (régulations)...

- arts : infographie, travail de l’image, écriture... [9]

NB. Un ensemble publication et vidéo, sinon une mallette, pourrait éventuellement être réalisé pour structurer et communiquer ce travail.

Jacqueline Cimaz et Fatima Mana

Pierre Ménard de Publie-Net

Une participation de Pierre Ménard nous parait très intéressante et souhaitable et devrait encore pouvoir être annoncée dans les documents officiels de la semaine de la science...

Nous avons cherché à en savoir un peu plus sur Pierre Ménard... 320 000 réponses...

et là, de suite nous parlant le run-book, auquel nous avait déjà conduit Eric Wattier. cf "Il n’y a pas d’images rares"

Quelque chose qui rappellerait la Belle Epoque de la Télématique à l’école avec son écriture partagée... Un souvenir de pauvreté, n’était-ce, peut-être, une certaine motivation à l’écriture. Ah Télémat !

Et bien sûr ces exquis cadavres...

Mais là ce qui fait toute la différence c’est la qualité des textes, des images et des échanges...

Affaire à suivre...

On découvre aussi le prix Poesie-média 2009...

Tout cela se conclut bien sûr, et déjà, en espérant que la venue pourra se concrétiser, par l’abonnement à un nouveau flux RSS...


Jacqueline Cimaz

NB. Bien sûr, il y a une erreur dans le message, il s’agit de Saint-Apollinaire-de-Rias et non de Privas. Est-ce si grave à l’ère du numérique ?

Colin Charvet ouvre un jeu de piste...

Colin Charvet, coordonateur Enfance-Jeunesse au CIAS du canton de Vernoux, nous signale une émission de France-Inter du 28 août, dans le cadre de « Tout s’explique » : « La lecture a changé, nos cerveaux aussi ».
Il nous parle des recherches de Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive et ergonomique à l’Université Nice-Sophia-Antipolis et Directeur scientifique au Laboratoire des usages en technologies d’information numériques (LUTIN) à Paris.
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Dès son arrivée en bibliothèque, Colin Charvet apporte son eau au moulin de la réflexion sur le livre numérique.

Ce qu’il nous en dit, donne envie d’en savoir un peu plus.
D’où une recherche sous Google pour arriver en 3 mots-clés à la bonne page du site de France-Inter
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De là bien sûr, on clique sur l’adresse de celui du LUTIN
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Où les « Actualités » renvoient d’emblée au numéro de septembre de « Sciences et vie » qui consacre un dossier complet à la lecture électronique : "La lecture change, nos cerveaux aussi". Nouveauté annoncée : ce dossier , auquel la contribution du LUTIN est essentielle, est accessible sous forme numérique
(JPG) Et de suite « Sciences et vie » livre au lecteur les clés de la navigation dans ce dossier.
Un texte à lire, des images, des vidéos sur lesquelles revenir...
Il y a une bonne dizaine d’années des travaux universitaires lyonnais -dont nous n’avons pu retrouver les références- comparaient les compétences exigées pour les diverses formes de lecture, de celle du texte écrit à celle de l’hypermedia en passant par le tableau [1], la revue composite et diverses autres étapes et concluaient à la complexité de la lecture de l’hypermedia. Le dossier montre celle-ci, esquisse au passage une évaluation d’apports de la formation et de l’expérience, de ressources ergonomiques...
Le point sur des recherches actuelles concernant la lecture de l’hypermedia. Un des volets indispensables à notre projet Science 2009.
La belle comparaison aussi de Thierry Baccino entre l’arrivée de la lecture numérique et celle de l’introduction, au 14ème siècle, par des moines irlandais, des espaces entre mots écrits et de la ponctuation, découverte qui a permis le passage de la lecture orale à la lecture silencieuse...
Nous vous invitons à lire ce dossier.
Nous rappelons aussi que nous sommes à disposition du public les mardi de 16 à 19h30 et jeudi de 17h30 à 20h, à la Bibliothèque municipale de St-Apollinaire-de-Rias [2] et pouvons aider les non (encore) habitués à la lecture numérique à la découverte du dossier sur écran d’ordinateur ou grand écran si besoin est. Bien entendu, le N° imprimé de la revue sera aussi en consultation et prêt à la Bibliothèque... [3]
Merci à Colin Charvet pour cet apport, intéressant par sa qualité et par l’ouverture des pistes auxquelles il donne accès...
Jacqueline Cimaz

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[1] Nous avions osé quelques rapprochements, à l’époque, avec la lecture tabulaire de la poésie...
[2] A côté de la mairie, aux Baraques
[3] De plus il est évident que cette découverte fera partie des divers ateliers proposés lors de la Semaine de la science

Les lièvres soulevés par la numérisation...

Difficile de suivre les lièvres soulevés par la numérisation... Un appel à contribution sous forme d’interview.
Jacqueline Cimaz - Lire en Fête n’aura pas lieu cette année.
Fatima Mana - Même si l’action était concentrée sur une courte période, elle avait le mérite de faire exister, d’inviter et d’inciter la rencontre autour du livre.
JC - d’aider la recherche, l’écriture, la lecture.
FM. Qu’attendre de la nouvelle mouture 2010 ?
JC - Réponse à chercher/construire sur le site de Lire en Fête, peut-être ?
Et tu y trouveras aussi un lien vers un article très stimulant pour la réflexion : « Le numérique se substitue au livre scolaire dans les cartables - L’avenir des salles de classe réside-t-il dans les livres scolaires numériques ? » Projet/laboratoire dans un Etat des USA dont le gouverneur...
FM - Je pense que ce support ne peut se substituer au rôle et apport de l’enseignant- La disparition de la classe... Elle serait remplacée par quoi ?
JC - L’écoute ou la lecture sur écran, individualisée, du domicile personnel... Quelque chose qui pourrait être positif en tant que complément, mais très dangereux s’il élimine ou réduit le rôle de l’interaction sociale dans la construction des connaissances.
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Publie.net présente D’Ici là, la revue de Pierre Ménard
FM - On n’avait pas parlé déjà il y a quelques années, de remplacer les enseignants par des machines ? Cela me fait penser au livre d’Aldous Huxley « Le meilleur des mondes ». D’accord c’est un monde dystopique mais ce moyen de substitution aux enseignants qui se mettrait doucement en place serait un précédent qui risquerait d’imprégner la société - pour l’instant américaine.
JC - Et rappelle la belle époque de l’enseignement programmé, ou du moins des illusions relatives à l’enseignement programmé...
Sans doute de quoi donner une nouvelle jeunesse au « Talyzina » « De l’enseignement programmé à la programmation de la connaissance », un livre collectif publié aux P.U.F de Lille en 1980 - qui renversait la formule, posant la question de l’apprentissage - toujours individuel, mais dans un contexte d’interaction sociale, et de la formation - opposé par les pédagogues au rêve d’un enseignement programmé pour formater [1]
FM - ?
JC - Le numérique, c’est sûr, il est là. La question n’est pas numérique ou pas numérique, mais quel numérique, quelle numérisation, pour quels usages ? Pour qui, pourquoi et pour quoi faire et comment ? [2]
FM - J’aime la notion de livre aléatoire qui circule et s’amplifie- livre de mots ou d’images qui circulent dans un outil support, proposé à la participation imaginative de chacun. Mais cela ne peut faire oublier le risque de fracture numérique.
JC - C’est sûr.
Un problème différemment abordé dans le blog de Pierre Ménard , citant ce 23 août, Thierry Crouzet et la réaction d’André Rougier au texte de Crouzet. :
« Oublier, pire encore, vouloir oublier que l’ordinateur et tout ce qui s’y rattache ne sont que des outils (des dispositifs pour reprendre la terminologie d’Agamben), ce serait ouvrir la boîte de Pandore sans se donner les moyens de la refermer si nécessaire. »
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D’ici là n°2. Une musique à écouter et réécouter...
Il va plus loin :
"C’est pourquoi... il faut arracher aux dispositifs (à tous les dispositifs) la possibilité d’usage qu’ils ont capturée.".
FM - A lire...
JC - Chaque jour nous mesurons mieux l’ampleur des enjeux - non pas tant du numérique que des choix fondamentaux liés à sa conception, son « habillage idéologique », à celle de sa nature, de ses fonctionnements et de ses usages.
Un débat et une réflexion dont l’urgence et la nécessité grandissent très vite, pour que - comme on le dit au CLD [3], « en dernier ressort, ce soit les citoyens qui décident »...
Le numérique - chape d’algorithmes, de flux, de réseaux quadrillant et enserrant le monde [4], ou outil au service de tous, d’aide au développement d’heuristiques [5] ?
FM - Et réduire l’illectronisme par ce biais là ! Je pense à Marie et son regard sur l’outil, son appropriation qui semble plus facile et plus maîtrisée que la lecture du livre (interactivité par les jeux). Mais les ateliers ?
JC - A cet égard l’intérêt de Ménard [6] pour les pratiques innovantes des jeunes parait une voie à explorer avec beaucoup d’attention et qui, quelque part, d’une certaine façon, renvoie à ce besoin de « s’exprimer avec les moyens dont on dispose quand on est démuni » évoqués dans un tout autre contexte par Jean Nicolas [7]
L’innovation stratégique avec l’Internet peut elle-même être des plus complexes. On l’a vu récemment en Iran...
Lors d’une réunion récente de l’Observatoire de la famille dans le secteur, certains notaient que la carence en moyens de mobilité en milieu rural induit le développement de bandes au travers de ces divers modes de communication par Internet [8]. d’où l’intérêt des ateliers proposés par Pierre Ménard.
FM - Les ateliers ? Le nombre incalculable de fois où l’on entend lors d’une invitation à un atelier d’écriture « Ce n’est pas pour moi ! » avec l’impression que l’écriture ne s’adresse qu’à une élite intellectuelle ! Le numérique par le biais de la banalisation expressive telle que le t’chat- la messagerie- facebook etc... peut devenir un support intéressant, modifiant l’approche de l’atelier d’écriture...
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Toujours D’ici là n°2. Où l’on retrouve Giney Aymes...
JC. et permettant d’aborder ensuite de nouvelles formes d’écriture. A voir avec ces ateliers d’écriture "Poésie écran" proposés pour « les jeunes de 15 à 95 ans » :
"Nouvelles écritures, SMS, email, chat, tweets. Un atelier pour capter l’art et la manière du texte très court. Les formes de l’instant qui sont au coeur de certains textes diffusés sur la plateforme Publie.net."
"Ces ateliers d’écriture proposent un travail sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc...) »
FM - tweets ?
JC - des messages instantanés (« clavardage » au Québec), qui s’affichent en temps réel, permettant le dialogue.
FM - Encore un nouveau moyen de communication ! Aura-t-on le temps de se l’approprier avant qu’un autre n’apparaisse ?
J’allais te parler d’éphémère aussi, mais pour le numérique. Lorsque l’on constate qu’à peine de nouveaux procédés sont vulgarisés que déjà ils deviennent obsolètes. Puis il y a la notion de temps de la mémoire numérisée, ces traces qui n’ont que peu d’existence face au séculaire papier.
JC - Pour en revenir aux tweets, ou autres SMS, leurs inconvénients supposés, notamment au niveau de l’orthographe, ont été soulignés par maints enseignants, mais on pourrait aussi s’interroger sur d’éventuelles incidences quant au développement de la « pensée divergente »... [9] A voir, en attendant la communication de recherches en cours ? Des travaux lyonnais avaient mis en évidence, il y quelques années, la nécessité d’apprentissages nouveaux, d’acquition de compétences complexes indispensables à la lecture sur écran [10]
Le domaine du rapport texte/écran doit être abordé le 14 novembre par Julia Bonaccorsi, universitaire, à partir de l’exemple des blogs de bande-dessinée, permettant "d’aborder aussi bien des pratiques amateures que professionnelles et de questionner les notions de page/planche d’un point de vue éditorial, les modes de lecture qui sont engagés etc."
P.Mendelsohn devrait aussi nous apporter une autre forme d’aide en ce domaine, notamment par la re-lecture de textes...
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D’Ici là n°2
Là, il s’agit d’écriture et de nouvelles formes d’écriture créées par les jeunes...
FM - Conclusion ? Bien sûr que oui pour le numérique et sa palette colossale de modes d’expressions, mais à condition que cela soit maîtrisé !
JC - maîtrisé par l’usager, tout à fait ! Les enjeux ne sont pas pour ou contre le numérique, mais quelles conceptions, evec qui, comment et pour quels usages, surtout quelles possibilités d’usages - ou de non-usages ?...
Les formes de numérisation du livre, qui sont à la source de nos interrogations, relèvent-elles de problèmes techniques ? Sans doute...
Il faut sinon les connaître, du moins en avoir une idée pour ne pas en être trop dépendant. L’apport du SIVU des Inforoutes de l’Ardèche et le travail effectué à partir de cet apport, nous ont déjà offert un espace d’automie permettant de premières comparaisons.
La proposition de Pierre Ménard de faire déboucher son atelier sur une création de blog devrait permettre d’élargir de manière sensible cet espace.
Pour tenter de mieux cerner les enjeux sociétaux, dans leur complexité...
FM- Apportez vos interrogations, propositions, vos contributions à ce débat, par message au webmaster.



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[1] "formatageur" ? On ne peut tout de même pas dire « formateur » et puis ça a quelque chose de "ravageur » !... Les catalogues d’objectifs à la Mager qui circulaient... confondant en outre compilation et synthèse ! Si pour descendre un escalier « tu te dis, je lève le pied droit de 10 cm, l’avance de 20, le baisse de... etc, sûr, tu te casses la figure... Le rêve d’un découpage de l’action en une série d’items à l’exécution desquels il suffirait de conditionner... Un rêve qui évacue l’histoire, le social, les crises, les restructurations...
[2] Cf notre projet sur le livre numérique pour la Fête de la science...
[3] Contrat local de développement, instance par définition d’une démocratie participative - "à vérifier", comme le disait récemment Guillaume Gourgues
[4] de la vie privée de chacun, de la pensée, à l’envoi de missiles
[5] au sens didactique du terme, soit un outil au service de l’inventivité, de la création, du contrôle individuel et social - de la "vérification" démocratique...
[6] Né en 1969, Pierre Ménard vit à Paris. Bibliothécaire, il anime régulièrement des ateliers d’écriture et de création multimédia. Il participe au comité d’orientation et publication de Publie.net et y anime la revue de création Internet : d’ici là. Il a publié "Le spectre des armatures" aux éditions Le Quartanier, "en avant marge" et "en un jour" sur Publie.net, "Quand tu t’endors" (album illustré par Mini labo), aux éditions Actes Sud Junior, ainsi que deux ouvrages collectifs, "Il me sera difficile de venir te voir" : Correspondances littéraires sur les conséquences de la politique de l’immigration en France, publié par les éditions "Vents d’ailleurs", et "Écrivains en série", un guide des séries (1948-2008), publié chez Léo Scheer, dans la collection Laureli.
[7] « Le feu aux écoles, le feu aux châteaux » (Hors-série « Marianne », « l’Histoire », « Les grandes rébellions », août-septembre 2008 - revue consultable à la Bibliothèque de Saint-Apollinaire-de-Rias, où « La Rébellion Française », publiée en 2002 par Le Seuil, est empruntable dans la réédition 2008 de Gallimard. A noter également sur ce site, le texte intrégral de la conférence prononcée par Jean-Nicolas en 2007, sur les mouvements rébellionaires du 18ème siècle dans le Haut-Vivarais, avec une comparaison du caractère de ces mouvements dans le nord et le sud de la province, qui, lui, est toujours téléchargeable sur notre site) .
[8] au travers des diverses formes de messages mais aussi de jeux partagés à distance
[9] Ce qui laisserait bien sûr entier le problème de la structuration, des synthèses, de la planification, la contiguïté et l’analogie remplaçant induction et déduction ?
[10] écrans et suite d’écrans - linéaires ou offertes par liens uniques ou ouvrant des arborescences...

lundi 5 octobre 2009

Axes d’écriture

1. Travail sur les Photomatons, Vincent Tholomé (conception graphique & mise en page Eric Jacques), éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2002.

  • « Un poème à la minute est un poème où on écrit un vers par minute. On détermine à l’avance combien de vers il contiendra et donc combien de minutes on disposera pour écrire son poème. On réfléchit pendant une minute à son premier vers puis on l’écrit et on passe le tems restant de la minute suivante à réfléchir au second vers puis on l’écrit lorsque le temps imparti est passé. Puis on réfléchira le temps restant à la minute de son troisième vers, qu’on écrira lorsque le temps imparti sera passé. Et ainsi de suite. Jusqu’à ce que le temps qu’on s’était donné pour écrire un poème à la minute soit passé. On prendra grand soin d’écrire un objet verbal qui tienne. Ce qui sera noté sera n’importe quoi pourvu que ça tienne et que ça ait été élaboré durant le temps exact qu’on s’était octroyé. D’autres considérations seraient à faire sur le poème à la minute. Et notamment sur la coïncidence de la mesure du temps qui passe et le temps qu’on s’octroie pour écrire un poème. On écrit dans un maintenant qu’on se donne. On écrit toujours au présent. Tout cela pour dire quelques autres suites encore et ne pas clore le débat. »
2. La forme courte en triptyque (1ère version) : Le blog d’Éric Chevillard : L’autofictif
  • Écrire, jour après jour, sous la forme d'un triptyque de textes courts, petits récits de quelques lignes, aphorismes, simples vers de mirliton, parfois des éclats de vie, de fiction, de rire, des petites écritures libres de toute injonction, brèves échappées de la table de travail ou tombées du livre de chevet, chronique nerveuse ou énervée d’une vie dans la tension particulière de chaque jour. Jouer des forces intérieures aux trois textes, pour les rendre autonomes.
  • L'autofictif, Éric Chevillard, Éditions de l'Arbre vengeur, 2009.

2. La forme courte en triptyque (1ème version) : Le Carnet de Marc Pautrel

  • À partir d'une photographie écrire un texte court sous la forme du tryptique :
  • Je n'ai pas choisi mon métier, il m'a choisi / Tu t'effrites comme si tu étais en sable. / Qu'ai-je fait de mes journées pendant toutes ces années ? j'ai réfléchi.
  • Je sais que ma voix est une voix qui n'avait jamais été entendue jusqu'ici. / Il te faudra batailler pendant de longues années, et toujours te protéger, toujours rester extérieur à ce monde. / Un magnifique colimaçon qui escalade le ciel, mais pour une seule personne à la fois.

2. Travail sur le journal irrégulier d’écoute de flux sonores en temps réel d’Esther Salmona.

3. Travail autour des SMS de Philippe Rahmy : les « SMS de la cloison » , formes de l’urgence, paru aux éditions publie.net en 2008.

4. Travail sur En un jour, diffusé sur Publie.net : le 20 mars 2007 : 11 heures et 18

dimanche 4 octobre 2009

Le beau cadeau de Bernard Stora, outil pour une nouvelle synthèse



Suite au message de Bernard Stora, j’ai écouté l’émission de France-Culture.
Des réponses de Marin Dacos, Virginie Clayssen, et Hubert Guillaud qui confortent le choix du projet sur le livre numérique et le cheminement fait. Pourtant en notes, quelques précisions ou remarques qui découlent de notre expérience.

Il y a urgence pour la réflexion... Voyez le Monde de ce dimanche 17 octobre. Quel numérique ? Quelle place pour la création ? Combien de temps pouvoir résister disait PM ?

L’émission partait en guerre contre sept lieux communs.

1. Le livre électronique est d’abord une question de support ?

Du débat il ressort qu’il y devrait y avoir de nombreux supports et usages, qu’on n’en est qu’à la préhistoire de l’édition numérique, que la question de l’accès est la plus importante que celle du support, qu’il faut aller chercher le lecteur là où il est... [1]

2. Le livre numérique signe la mort du livre papier ?

Absurde, le livre numérique ne va pas enterrer le livre papier mais va développer une diversité des usages et supports en fonction des besoins, des intérêts. La question ne se pose pas en termes de substitution mais de complémentarité, de plus dans un contexte de bouleversement des références culturelles, d’apparition d’une « culture-jeunes » inédite.
Les réponses, en effet, pointent aussi ce changement de culture, un « glissement culturel », l’émergence d’autres modes de construction des connaissances... et la nécessité d’un accompagnement pour développer de nouvelles compétences...
L’usage de l’Internet, a-t-il été dit, tendrait à diminuer la capacité de lire des textes longs, ce que réfutent les participants soulignant que celle-ci n’est pas évidente, avec ou sans Internet.
Des niches d’utilisation ont plus ou moins été dégagées en fonction des types de textes et d’usages. En fait l’évolution des pratiques, notamment quant à la lecture de romans sur support numérique, amène à les nuancer sinon les contredire. Actuellement, on ne sait pas. Le recul est insuffisant, il n’y pas la durée nécessaire à des recherches de fond...
Par ailleurs des constats nouveaux interfèrent. A partir par exemple des rapports entre taille du livre et nombre de lecteurs attendus. Du tirage papier d’un résumé pour vulgarisation pour un large public à l’édition numérique complète comme preuve scientifique pour un petit nombre de chercheurs, quels intermédiaires ?
De plus, les diverses liseuses ne donnent pas satisfaction. Mais quels étaient les critères de lisibilité du livre papier à l’an 14 de Gutemberg ? Il faut prendre le temps de faire des pronostics et de tester. Certains usages à naître vont imposer certaines formes... On parle du livre, mais le livre électronique est toujours rematérialisé sous une forme ou une autre. Le livre papier pourrait n’être qu’un terminal comme un autre, adapté à des besoins particuliers. A voir, il y a nécessité d’exploration de données...

3. La lecture en ligne ou en réseau serait une lecture discrète [2]

On balbutie ; la pensée n’a pas disparu ! Ce qui dérange lorsqu’on lit en ligne, c’est ce qui est extérieur comme l’arrivée de mails, flux d’informations. C’est le réseau qui distrait de la lecture comme un coup de sonnette, de téléphone ou des éclats de voix dans la rue...
On a dit, peut-être un peu vite, qu’il y aurait plus d’activité cérébrale avec la lecture numérique, plus de choix à effectuer. C’est à étudier. L’activité cérébrale est différente. Les hyperliens activent les zones de la décisions. On choisit ou non de cliquer.
Bientôt des livres sur les DS ?

Le débat ne peut se réduire à une querelle des anciens et des modernes... Les élèves photographiés par Doisneau étaient distraits par des oiseaux, non par des SMS, mais la distraction est de tout temps. Et de tout temps, plus on s’est concentré et plus on est allé loin dans les études. Il est donc faux de dire qu’à cause d’Internet on n’arriverait plus à se concentrer. Cela était aussi avec le livre papier... [3]

Le livre papier peut n’être aussi qu’un marqueur social dans sa bibliothèque.

Le numérique suscite une lecture utile, plus dispersée, plus riche. Il permet le développement d’heuristiques. [4]

Le problème a été soulevé de la pléthore informationnelle, qui oblige, pour s’en tirer, à être plus sélectif, plus rapide dans la prise de décision.

Et là il est dit par un des participants que « la coopération » remplace sur le Net la culture du génie. Qui s’en plaindrait ? Que la lecture connectée ouvre la porte à d’autres formes de lecture et au partage des annotations... Que la nature du support se fait oublier dans la lecture...

Le numérique facilite la recherche documentaire. Par contre il est difficile d’annoter, de griffonner, même si certaines liseuses commencent à offrir un espace aux annotations et échanges d’annotations...

4. Un livre numérique n’est-il qu’un livre qu’on lit sur écran ?

Le livre inscriptible existe. Hubert Guilhaud parle du « read writte web » : lire mais aussi écrire, jouer, partager des notes... Des livres numériques supports de lecture et de communication.... Et de plus des livres où on peut proposer de la vidéo, du son, le livre - version numérique, et le livre audio, et le commentaire. [5]

Ce qu’évoquent les invités de l’émission, insistant sur l’importance de la numérisatuion du patrimoine, mais aussi sur l’invention du livre de demain, par des équipes pluridisciplinaires avec des auteurs mais aussi des plasticiens, des musiciens, des informaticiens bien sûr,... et créant des objets mixtes, complexes...des « livres augmentés » ?

Une place intéressante là pour l’édition numérique, l’édition en réseau... Des livres dont les lecteurs propageraient aussi la diffusion, de bouche à oreille, par recommandations... à divers niveaux... Où le livre est vecteur d’échanges.

Des objets complexes, avec leurs recommandations, qu’il sera difficile de re-publier papier....

5. L’edition numérique signe la disparition de l’éditeur ?

Faux ! La menace vient de la surinformation. L’éditeur vend son choix de sélection, un service, un travail de tri. Le métier va évoluer, mais il y aura plus que jamais besoin d’éditeurs qui choisissent, mettent en forme, interviennent... L’auto-édition se développe et l’éditeur devient aussi éditeur d’auto-édition. Les deux sont complémentaires.

Plus haut que l’éditeur, par contre, il y a les concentrateurs qui contrôlent la distribution (Google, Amazone...) Le risque, là, est accru pour les petits éditeurs, dont le travail est plus dur dans le numérique car il est plus cher d’éditer du numérique, de mettre en forme. Il y a aussi la concurrence, et plus de textes que de gens pour les lire. Comment capter l’attention du public, des structures qui vendent les applications ? Certains titres ont été exclus sous Iphone, un problème au cœur du nœud de diffusion...

Le problème n’est pas du numérique mais de la concentration, que le numérique accroit. En même temps il offre des capillarités, des opportunités pour trouver des moyens de contournement, faire que les périphéries ne soient pas écartées, que les petits ne soient pas dissous...

6. La question du libraire ?

Elle se pose. Il existe déjà des libraires qui distribuent en ligne, sans librairie, de chez eux. Par contre la présence de la vente de livres numériques en librairie physique est très rare. Elle ne peut se développer que s’il y a contrôle du prix du livre numérique.

Il y a aussi, à résoudre, la question du piratage, celle du libre accès à certains textes scientifiques. Quels modèles trouver pour financer les auteurs dans un autre cadre ?

7. l’édition numérique signe la fin de l’auteur ?

Cette question n’a pu être abordée faute de temps.


Il nous semble qu’il faudrait distinguer certains abus de la grande distribution , à maîtriser si faire se peut, et le domaine des écritures collaboratives où les auteurs restent nommés mais où l’objet mixte produit peut être beaucoup plus que la somme des apports de chacun s’il y a finalement fonctionnement d’un intellectuel collectif... A suivre...

Jacqueline Cimaz

NB. Notes partielles, non suivies d’une réécoute de l’émission. Notes destinées à inciter à son écoute, et à susciter des échanges... y compris sur des points non abordés [6]



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[1] Nous ajouterions que tout support suscitant des pratiques susceptibles de réduire la fracture numérique et de développer la réflexion parait intéressant et qu’en ce domaine comme dans d’autres, la diversité est souhaitable en fonction des usages et intérêts, et aussi de l’espace laissé à des utilisations innovantes.

[2] où « discrète » = fragmentée)

[3] Des études sur l‘ « échec scolaire » avaient montré il y a quelques décennies comment la non disponibilité psychologique liée à des problèmes sociaux, familiaux et/ou culturels rendait quasiment impossible l’investissement scolaire nécessaire.

[4] Un constat que nous avions fait, la construction de stratégies de recherche et construction personnelles, dans laquelle jouent les références culturelles, l’expérience, la projection dans le temps et la capacité de choix et de prise de décision, et donc de prise de risque, de pari. Le risque étant là sans conséquences graves, l’entraînement est intéressant. D’où la construction de logiciels de simulation, il y a quelques années, en mathématique, dans le cadre de la recherche pédagogique...

[5] Voilà qui est au cœur de nos préoccupations - complémentarité certes entre livre papier et livre numérique mais aussi numérique qui ne soit pas que du numérisé mais intègre justement, les ressources spécifiques du numérique, en matière d’interactivité, d’hyperliens, d’associations texte donné/annotations, commentaires ou réécriture, texte/son/images fixes ou mobiles... Ce qui avait fait refuser à Jean-Pascal Dubost qu’un de ses livres écrits et imprimés soit publié sur écran par Publie-Net, parce qu’il l’aurait sans doute écrit autrement s’il avait écrit pour l’écran... Ce qui nous a amenés à nous intéresser particulièrement au travail de Pierre Ménard dans et aux marges de Publie-Net pour introduire le son, la vidéo... à l’évolution des liseuses de Publie-Net, et de Publie-Net tout simplement dans un contexte difficile... Ce qui nous a amenés aussi à nous interroger sur l’écriture numérique, cette écriture dont la spécificité était dessinée en creux par Dubost et à suivre de près la poésie numérique - y compris dans ses retranchements où on parle de poésie sans mots - et surtout ces recherches qui foisonnent à la jonction de la poésie et des arts plastiques et éventuellement du son, du run-book de Wattier aux blogs-carnets de notes, des DVD d’Incidences à certaines performances de Nantes, de la Cité Universitaire ou d’ailleurs...

[6] les libraires certes, mais les bibliothécaires - dans les grosses Bibliothèques-médiathèques urbaines, et dans le réseau rural des toutes petites bibliothèques ?
les apprentissages de l’écriture numérique et de la lecture numérique - quelque chose dont Julia Bonaccorsi nous parlera le 14 novembre - avec les compétences spécifiques, nouvelles et toujours plus élaborées qu’ils demandent - des questions qui se posent en Bibliothèques, centres de loisirs et dans le système scolaire. Et corollaire : la formation initiale et continue des professeurs d’école, collège, lycée... Existe-t-il des textes prospectifs en la matière qui seraient instructifs pour tous ?



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